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Entretien avec Konstantin Dzhengozov, directeur financier de Payhawk : quel rôle pour l’IA dans la finance ?

Cet article t'a été présenté par notre équipe éditoriale de gestion des dépenses.
AuteurL'équipe édito de Payhawk
Read time
6 minutes
Publié leAug 21, 2026
Modifié leSep 28, 2026
Konstantin Dzhengozov, Co-Founder of Payhawk
Résumé

Il y a un an, les responsables financiers voulaient de meilleurs tableaux de bord. Aujourd’hui, ils veulent poser eux-mêmes leurs questions à l’IA. Dans un entretien accordé à Finance Chief, Konstantin Dzhengozov, cofondateur et directeur financier de Payhawk, revient sur l’impact de cette évolution sur la fonction finance et explique pourquoi la chasse aux factures reste si difficile à automatiser et comment le Financial Controller Agent de Payhawk permet de les récupérer jusqu’à 12 fois plus rapidement qu’avec un traitement manuel.

  1. Konstantin Dzhengozov, directeur financier et cofondateur de Payhawk, échange avec Finance Chief sur la Business Intelligence (BI), l’IA et l’avenir des tableaux de bord
  2. Quelles tendances se dessinent actuellement au sein des directions financières ?
  3. Assistons-nous à un profond changement dans la façon dont les directeurs financiers utilisent l’IA ?
  4. Avec l’essor des modèles d’IA conversationnelle dans les entreprises, risque-t-on de voir apparaître un « shadow AI CFO », une IA jouant le rôle d’un directeur financier ?
  5. Les professionnels de la finance qui utilisent des tableaux de bord risquent-ils bientôt d’être perçus comme dépassés ?
  6. Les progrès de l’IA et de l’IA générative pourraient-ils faire évoluer la BI, comme l’avait fait l’intégration de fonctions d’automatisation il y a quelques années ?
  7. Que conseillez-vous aux directeurs financiers qui hésitent à adopter l’IA ?
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Cet entretien a initialement été publié par Finance Chief.

Konstantin Dzhengozov, directeur financier et cofondateur de Payhawk, échange avec Finance Chief sur la Business Intelligence (BI), l’IA et l’avenir des tableaux de bord

Fort d’une expérience dans le conseil en management, la planification et l’analyse financières, et l’investissement, Konstantin Dzhengozov a cofondé Payhawk, une plateforme de gestion des dépenses, avec deux associés.

Depuis, avec une valorisation d’un milliard de dollars américains, Payhawk est devenue la première entreprise d’origine bulgare à obtenir le statut de licorne.

Konstantin explique que son rôle de directeur financier consiste notamment à « stimuler la forte croissance » de Payhawk.

Nous avons récemment annoncé avoir dépassé les 100 millions de dollars de revenus annuels récurrents (ARR), avec une croissance de 159 % sur un an et une hausse de 75 % de l’ARR par employé.

« Fort de mon expérience chez Payhawk, où j’ai piloté l’optimisation de l’utilisation du capital, la stratégie de croissance et la gestion des risques, tout en veillant à la solidité de notre économie unitaire, je peux influer sur la manière dont nous développons nos produits. Je tiens également à aider les entreprises à bâtir des modèles de croissance durables », explique-t-il.

Dans cet entretien exclusif avec Finance Chief, Konstantin explique comment les directions financières utilisent l’IA, pourquoi certains directeurs financiers hésitent à l’adopter et pourquoi les tableaux de bord ne sont désormais plus le seul moyen d’accéder aux données financières.

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Quelles tendances se dessinent actuellement au sein des directions financières ?

La principale tendance concerne la façon dont les équipes financières interagissent avec l’IA.

Nous avons observé un net changement de comportement chez les directeurs financiers qui utilisent Payhawk. Il y a un an, ils demandaient de meilleurs tableaux de bord et outils de reporting.

Or, depuis deux mois, ils nous disent au contraire qu’ils ne veulent plus de tableaux de bord : ils souhaitent se connecter au système via le MCP et poser directement leurs questions à Claude. Apparemment, les entreprises remplacent actuellement une bonne partie de leurs outils de reporting, parfois même Power BI, par une interface conversationnelle.

Nous constatons aussi que certains problèmes que l’on pourrait penser faciles à résoudre grâce à des technologies comme l’IA continuent de susciter beaucoup de frustration.

La gestion des factures en est un exemple : se connecter au portail d’une entreprise, récupérer la bonne facture, en extraire les informations et effectuer leur classification comptable, puis rapprocher la facture du paiement correspondant. Tout cela prend bien plus de temps que nécessaire.

C’est pourquoi la récupération des factures par notre nouveau Financial Controller Agent est notre fonctionnalité bêta ayant rencontré le plus de succès à ce jour : plus de 550 entreprises l’ont activée avant même son lancement officiel.

Directeur financier et cofondateur de Payhawk

Konstantin Dzhengozov

« Il y a une différence entre une IA intégrée à un outil de reporting et une IA qui accède directement aux transactions. La première fournit des réponses plus rapides, la seconde transforme concrètement le travail des équipes financières. »

Assistons-nous à un profond changement dans la façon dont les directeurs financiers utilisent l’IA ?

Sans aucun doute. L’association de l’IA, d’infrastructures de paiement modernes et de systèmes conçus pour les grandes entreprises accélère l’innovation en matière de paiement. Les équipes financières ne travaillent déjà plus comme elles le faisaient il y a un an. Dans les années à venir, ces évolutions modifieront en profondeur la manière dont les professionnels de la finance gèrent les dépenses.

Les équipes financières veulent gagner du temps : pour les tâches courantes, comme récupérer les justificatifs manquants, l’IA et l’automatisation remplaceront les traitements manuels.

Et ce temps dont il est question est considérable. D’après les références du secteur, on parle de 35 heures par mois et par personne consacrées au rapprochement, soit environ 420 heures par an, ou près d’un quart du temps de travail, qui est utilisé pour remettre en ordre des transactions datant de plusieurs semaines.

L’IA s’inscrira pleinement dans le quotidien des équipes financières à mesure que les directeurs financiers cesseront de la voir comme un nouvel outil à prendre en main et prendront conscience de son impact réel sur la productivité.

Découvrez Agent Fetch de Payhawk : l’IA qui récupère automatiquement vos justificatifs et factures

Avec l’essor des modèles d’IA conversationnelle dans les entreprises, risque-t-on de voir apparaître un « shadow AI CFO », une IA jouant le rôle d’un directeur financier ?

Pas au sens littéral d’une IA qui prendrait des décisions à la place d’un directeur financier. Le risque le plus réaliste serait plutôt de voir se reproduire le phénomène du shadow IT : des équipes financières qui utilisent des outils IA grand public parce que les solutions approuvées sont lentes, peu performantes ou tout simplement inexistantes.

Cela se produit déjà dans la plupart des organisations. C’est un problème de gouvernance plutôt que de technologie.

La réponse est la même que pour le shadow IT. Si les employés n’ont pas accès à des outils suffisamment performants dans le cadre défini par l’entreprise, ils iront les chercher en dehors de ce cadre.

L’essentiel est de savoir si l’IA utilisée par votre équipe respecte vos droits d’accès, génère une piste d’audit et soumet à validation les décisions qu’elle ne doit pas prendre elle-même.

Le véritable risque tient moins à l’apparition de ce « shadow CFO » qu’à celle d’un processus financier parallèle : des tâches réalisées dans des systèmes où personne ne peut déterminer avec certitude quelles données ont été utilisées, quelles recommandations ont été formulées, qui a donné sa validation ni pourquoi telle ou telle décision a été prise.

Chiffres clés

  • Payhawk a récemment dépassé les 100 millions de dollars de revenus annuels récurrents (ARR), avec une croissance de 159 % sur un an et une hausse de 75 % de l’ARR par employé
  • Plus de 550 entreprises ont activé le Financial Controller Agent de Payhawk avant son lancement officiel
  • Le Financial Controller Agent récupère les factures jusqu’à 12 fois plus rapidement qu’avec un traitement manuel

Les professionnels de la finance qui utilisent des tableaux de bord risquent-ils bientôt d’être perçus comme dépassés ?

Je ne dirais pas ça. Les tableaux de bord ne vont pas disparaître, et vouloir disposer d’une vue claire et cohérente de ses chiffres n’a rien de dépassé.

C’est leur rôle qui évolue.

Un tableau de bord répond à une question jugée importante au moment de sa création, parfois plusieurs mois auparavant. Il reste utile pour suivre les mêmes indicateurs chaque semaine. Mais, dès qu’il faut répondre à une question que personne n’avait anticipée, il ne sert plus à grand-chose. Or, c’est le cas de la plupart des questions intéressantes auxquelles un directeur financier est confronté.

Ce qui est dépassé, ce n’est pas l’utilisation des tableaux de bord, mais le fait qu’ils ne permettent de répondre qu’aux questions pour lesquelles une vue des données a été configurée à l’avance.

Les professionnels de la finance peuvent désormais accéder directement aux données au lieu d’attendre que quelqu’un leur prépare une nouvelle vue. Les tableaux de bord restent utiles, mais ils ne sont plus le seul point d’accès.

Finance colleagues discussing AI and business intelligence tools at the office

Les progrès de l’IA et de l’IA générative pourraient-ils faire évoluer la BI, comme l’avait fait l’intégration de fonctions d’automatisation il y a quelques années ?

En partie, oui. Tous les fournisseurs de solutions de BI intègrent une interface conversationnelle, et certaines donneront de bons résultats.

Mais cela ne règle pas le problème de fond. La plupart des outils de BI reposent sur un entrepôt de données alimenté par six ou sept systèmes qui ne communiquent pas entre eux : ERP, gestion des dépenses, achats, paie, voyages d’affaires et autres.

Ajouter une interface conversationnelle à cet ensemble permet de poser plus facilement des questions. Cependant, cela ne change rien au fait que les données sous-jacentes restent cloisonnées, ni au fait que l’IA ne peut pas agir en fonction de ce qu’elle découvre.

C’est cette distinction qu’il faut garder à l’esprit. Il y a une différence entre une IA intégrée à un outil de reporting et une IA qui accède directement aux transactions, et peut ainsi appréhender la facture, la politique, la validation et le paiement comme un tout.

La première fournit des réponses plus rapides, la seconde transforme concrètement le travail des équipes financières.

Que conseillez-vous aux directeurs financiers qui hésitent à adopter l’IA ?

Leurs réserves reposent sans doute sur des préoccupations légitimes, notamment en matière de sécurité. Après tout, la finance reste un secteur très exposé aux risques et, par conséquent, peu enclin à en prendre.

Il est pourtant possible d’adopter cette technologie sans compromettre la rigueur des processus financiers, à condition que l’IA respecte les droits d’accès, applique les seuils de validation et génère une piste d’audit.

Notre propre agent est vérifié dans le cadre du programme Verified Bots de Cloudflare. Les sites auxquels il accède peuvent ainsi l’identifier comme un agent autorisé plutôt que comme un robot inconnu.

Le véritable risque, toutefois, est de prendre du retard. Chaque journée consacrée à effectuer des tâches manuelles plutôt qu’à travailler sur leur automatisation est une occasion perdue de soutenir la croissance et d’améliorer la prise de décision stratégique.

Notre Financial Controller Agent récupère les factures fournisseurs jusqu’à 12 fois plus rapidement qu’avec un traitement manuel. C’est autant de temps rendu aux équipes pour les tâches qui exigent une intervention humaine.

L'équipe éditoriale de Payhawk est composée de professionnels de la finance chevronnés, forts de plusieurs années d'expérience dans la gestion des dépenses, la transformation numérique et la Fintech. Nous avons pour objectif de fournir à nos lecteurs un contenu riche et qualitatif.

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